Libido : mythes et chemins du désir

Libido : mythes et chemins du désir

Comment comprendre et accepter les variations de libido tout en questionnant les idées reçues genrées sur le désir ?

“Les femmes sont encore souvent placées dans une situation qui leur dénie une relation autonome à leur corps et leur sexualité. Parce qu’on leur a répété que leurs plaisirs étaient fondamentalement émotionnels ou irrationnels, parce que Freud a déclaré qu’il n’y avait qu’un seul bon orgasme, passant par un seul bon pénis (...) il perdure jusqu’à nos jours l’idée que ce soit aux hommes d’apporter l’orgasme aux femmes.”

 

Sarah Barmak dans Jouir : en quête de l’orgasme féminin (2020) parle du désir des femmes en soulignant que nombre d’entre elles souffrent encore d’insatisfaction et pâtissent des idées reçues sur les causes du manque de désir. Oui, car les clichés sur la libido ont la peau dure, et maintiennent parfois les sexualités dans un état chorégraphié et bancal. Autour de ce sujet gravite une multitude de questions. D’abord : à quoi peut être dûe une baisse de désir ? A quoi prêter attention pour observer ses variations de libido ? Quelles idées reçues associant libido et genre persistent en 2021 ? En quoi ces mythes issus de la culture patriarcale sont-ils source d’oppressions et renforcent la culture du viol ? Et pourquoi est-il indispensable de déconstruire ces stéréotypes pour réinventer la sexualité ?

La libido : variations, pathologies et soin

 En faisant des recherches autour de la notion de désir, on se rend vite compte que c’est un terme très difficile à définir dans le cadre du bien être sexuel. ⁠Le désir sexuel désigne une sensation forte et instinctive d’attraction vers une ou plusieurs personnes, dont la satisfaction pourrait mener à la joie / jouissance au sens large. ⁠Certain.e.s l’appellent aussi libido, bien que la différence entre les deux soit parfois floue. ⁠Une chose est sûre : il n’y a pas de niveau “normal” de désir, ni de logique de rapports intimes attachée au phénomène.

Le désir prend de multiples formes et proportions (léger, brûlant, absent pour les personnes assexuelles). Il est aussi sujet à de fortes variations. La diminution de la libido peut en effet faire surface après un stress dans la trajectoire personnelle ou professionnelle d’une personne, après une période de maladie (cancer, infection urinaire) ou de chute hormonale (dysménorrhée, ménopause). Il peut aussi être lié à des troubles psychologiques (dépression, anxiété, alcoolisme) et des traumatismes notamment les abus sexuels. Bref : tous ces facteurs qui ne font clairement pas jouir.

 

Parfois, on confond les variations de libido avec ce qui peut en fait être une pathologie anatomique : par exemple une malformation, une vaginite, un kyste ou un problème vulvaire ou testiculaire. Ce type de troubles sont encore souvent ignorés en médecine ou mal diagnostiqués, créant en particulier chez les femmes qui en souffrent un sentiment de culpabilité (ce fameux moment où l’on vous dit : “C’est dans la tête”). N’hésitez donc pas à consulter un.e spécialiste au moindre doute.

  

Blue balls et autres mythes de la culture patriarcale

 L’idée reçue liée à la libido la plus fréquemment rencontrée est celle qui l’associe au genre :  la libido masculine serait plus forte et la libido féminine plus faible. Le traitement social de ce mythe (car à ce jour, il n’y a aucune preuve scientifique de cette donnée) est lourd de conséquences. En effet, la libido masculine élevée est bien plus valorisée socialement et identifiée comme des “besoins naturels” … Cette même image qui sert de socle à la justification de pulsions sexuelles.

 

A l’inverse, dans le cadre des relations cis hétérosexuelles, on peut encore entendre plusieurs non sens. D’abord, que la libido féminine serait en sommeil ; ensuite, que les femmes ne pourraient pas avoir de rapports intimes sans amour ; et enfin, que les femmes qui ont plusieurs partenaires ou qui assument une sexualité active sont des filles faciles. De la même manière, les seules données sont des questionnaires ou des enquêtes dont les résultats sont biaisés par la dissimulation et la non expression du désir des personnes qui s’identifient comme femmes. Culpabilisées pour leurs désirs, les femmes mariées devront cependant toujours rester sexuellement disponibles pour leur partenaire.

 

Ainsi, deux diktats se confrontent sur le terrain de la libido : celui de la performance pour les hommes et celui de la disponibilité sexuelle pour les femmes. La question est donc la suivante : les hommes sont réellement en manque de sexe ou est-ce que c’est une construction sociale qui dit que les hommes doivent avoir du sexe, sinon ils ne se sentent pas bien ? On peut évoquer dans ce cadre la légende des blues balls qui, bien qu’elle corresponde à un phénomène physiologique réel, sert de socle à de nombreuses coercitions sexuelles. On remarque d’ailleurs que ce sujet est encore réservé aux hommes alors que les personnes à vulve/vagin/clitoris peuvent elles aussi ressentir cette sensation de congestion.

 

La sexualité n’est pas innée, elle s’apprend et se réinvente. Respecter, stimuler son désir et l'explorer est possible (mais pas obligatoire) ⁠à différents niveaux : détente, massages aux huiles, mais aussi et surtout communication avec son/sa/ses partenaires. On peut également tenir un carnet de notes afin d’observer ses variations de libido (baisse ou absence, généralisée ou limitée à certaines situations etc), observer l’impact du sport et de la masturbation sur son désir. L’important, c’est d’y accorder du temps en essayant d’abandonner les carcans mentaux issus de la culture patriarcale et de résister aux injonctions contradictoires.

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