Une autre histoire de la contraception

Une autre histoire de la contraception

Quelles méthodes de contraception sont aujourd’hui proposées pour mieux répartir la charge contraceptive ? Quels freins empêchent les hommes cisgenres hétérosexuels de s'emparer de cette responsabilité ?

 En ce qui concerne la contraception, une pensée semble ultra majoritaire : elle s’adresse exclusivement aux femmes (sous-entendu : aux femmes cisgenre menstruées). Stérilet, patch, anneau, injection, implant, et bien sûr, la pilule : tous les moyens sont bons pour chercher à maîtriser le cycle menstruel via des outils pensés et commercialisés pour elles. Car pour beaucoup, la contraception est encore une affaire de femmes.

 

 Ce constat pose pourtant (au moins) deux problèmes majeurs : d’abord, elle s’appuie sur le fait que faire porter cette charge mentale et ses effets secondaires aux femmes est une évidence, et qu’elle ne concerne de près ni de loin les hommes. Et ensuite, qu’une femme est exclusivement une personne qui ovule, ignorant les personnes trans, non binaires ou genderqueer qui peuvent aussi être sujettes aux menstruations.

 

 Aujourd’hui, des méthodes existent pour partager la charge contraceptive - c’est ainsi que l’on nomme les pensées impératives au bon fonctionnement de la contraception (aller chez le médecin, prendre sa pilule à heure fixe, avoir des préservatifs “au cas où” etc). Pour être plus précis : les hommes cisgenres (dont l'identité de genre correspond au sexe avec lequel il est né) hétérosexuels qui sont eux fertiles 24h/24 et 7j/7 (hors pathologies), peuvent eux aussi prendre en main leur fertilité et participer ainsi au bien être sexuel du couple.

 

 Quelles sont ces méthodes ? Pourquoi sont-elles si peu connues ainsi que leur nombre d’utilisateurs ? Quels sont les freins qui empêchent les hommes cisgenres hétérosexuels de s'emparer de cette responsabilité ? En quoi ce phénomène social tient une place importante dans les combats féministes ? Est-il bien pertinent de les classifier comme contraception “masculine” lorsqu’on remet en question la binarité de genre ?

 

La contraception thermique

 La méthode thermique porte aussi le sympathique surnom de "slip chauffant". On vous dit pourquoi : le principe est d'augmenter légèrement la température des testicules en les remontant dans le pubis, grâce à un slip ou à un anneau en silicone. C’est une méthode réversible, dont la conséquence est la diminution du taux de spermatozoïdes au bout d’environ trois mois (durée de leur cycle de fabrication). On vérifie cela à l’aide d’un spermogramme, un examen médical, qui sert à mesurer la quantité et la santé de ceux-ci). La condition pour que la contraception thermique soit efficace : porter ce sous-vêtement ou anneau 7j/7, et au moins quinze heures par jour.

 Pourquoi la méthode thermique est peu pratiquée ? D’abord parce qu’elle est peu connue et pas spécialement recommandée par les médecins qui eux-mêmes ne la connaissent pas. Mais aussi parce qu’elle touche techniquement de près aux testicules, une zone loin d’être neutre dans notre éducation et notre culture. Cet emblème supposé de la masculinité, présent en sein même de la langue française (pensons à l’expression “Avoir des couilles”, désignant le courage et par extension la virilité) n’est pas près de s’effacer à coups de slips chauffants.

  

L’injection d’hormones

 Une autre alternative peu médiatisée est l’injection hebdomadaire de testostérone. Comme le slip chauffant ou l’anneau, la contraception hormonale ne serait efficace qu’au bout de trois mois de piqûres. Pourquoi la méthode hormonale est-elle aussi peu pratiquée ? On peut supposer que certaines personnes seraient rebutées par l’auto administration de piqûres, ainsi que par le prix : environ 10 euros par semaine selon Pierre Colin (cofondateur de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine), non remboursables.

 

 La seconde raison est que comme tout traitement hormonal, l’injection de testostérone peut avoir des effets secondaires comme l’acné, la prise de masse musculaire ou l’augmentation de la libido. Son usage est ainsi préconisé seulement, selon l’ANSM, pour les « hommes de 25 à 45 ans n’ayant pas certains antécédents (cardiovasculaires, hépatiques, de cancers, d’obésité, psychiatriques, etc.) ou ne consommant pas de tabac ».

 

Manque de sensibilisation et culture patriarcale

 De manière générale, la contraception est probablement à nouveau un de ces terrains sur lesquels se croisent patriarcat et politique. Les laboratoires pharmaceutiques ne tireraient pas de bénéfices sur un marché qui reste à créer à une heure où celui de la contraception féminine est déjà florissant. Les pouvoirs publics et industriels prennent appui sur la culture patriarcale et la binarité de genre pour refuser toute recherche plus poussée au sujet de la contraception masculine : déconstruire les stéréotypes de genre et rôles sociaux associés reviendrait à se tirer une balle dans le pied.

 

 Par ailleurs, le tabou et le manque d’informations pour les hommes cisgenres hétérosexuels à propos de l’anatomie d’une part, de la contraception d’autre part, mais aussi d’autres sujets périphériques - notamment la transidentité - créer de nombreux freins à ce qu’ils s’emparent du sujet. Très peu parmi eux sont informés sur le fonctionnement de la reproduction, du cycle menstruel et de ses symptômes, ou encore sur la vasectomie et son absence de conséquences sur la libido. Le manque de sensibilisation parmi les professionnel.le.s de santé est aussi un facteur aggravant : en effet, la culture veut encore (et c’est très confortable pour tout le monde) que le médecin de famille fasse porter la charge contraceptive à la mère dans le couple hétéro-cis.

 

 On décèle une timide évolution des mœurs et des mentalités autour de la contraception via les études de genre, ainsi que la pensée féministe intersectionnelle et inclusive. En novembre 2021, dans son podcast “Hommes contraceptés”, l’émission Les Pieds sur Terre mettait en lumière les différentes méthodes susdites, confirmant malgré tout une mise en lumière médiatique du sujet. Enfin, quelques enseignes comme AndroSwitch, (anneaux), ou Spermapause (boxers thermiques) permettent de s’impliquer concrètement en commercialisant ces produits, mais restent peu accessibles aux petits budgets.

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